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Le retour du SPECTRE !

Par François Justamand

Après trois ans d’absence, James Bond – toujours interprété impeccablement par Daniel Craig – revient dans 007 SPECTRE. Ce film a coûté plus de 250 millions de dollars car l’enquête de 007 se déroule sur trois continents au rythme d’incroyables scènes d’action : cascades en hélicoptère à Mexico, course-poursuite de voitures à Rome, avion qui fait de la luge dans les alpes autrichiennes, combat dans un train en plein désert marocain et poursuite sur la Tamise entre un hors-bord et un hélicoptère !

Avec ce 24ème film, et le deuxième de Sam Mendès, on revient à la tradition des Bond d’antan, avant le reboot que l’on a connu avec Casino Royale en 2006. La fin de Skyfall marquait déjà ce retour au classicisme. Ce film plaira aux nostalgiques puisqu’on y retrouve de nombreuses références à Vivre et laisser mourir (fête des morts), à Opération Tonnerre (réunion du SPECTRE), à Goldfinger (Aston Martin gadgétisée), à Bons baisers de Russie/Vivre et laisser mourir/L’Espion qui m’aimait (combat dans le train), à Au Service secret de Sa Majesté (clinique au sommet d’une montagne ), à On ne vit que deux fois (base dans un cratère), James bond contre Docteur No (accueil dans le repère du méchant), au Monde ne suffit pas (poursuite sur la Tamise)… Les amateurs de littérature bondienne identifieront aussi des éléments que l’on retrouve dans deux nouvelles de Ian Fleming : « Octopussy » et « Le spécimen rare de Hildebrand », ainsi que dans le roman « Colonel Sun » de Kingsley Amis alias Robert Markham.

Mais la référence ultime, comme le titre du film l’indique, c’est le retour du SPECTRE (et de Blofeld ?), cette organisation criminelle mondiale dont on parle dès James Bond contre Docteur No, mais que l’on découvre surtout à partir de Bons baisers de Russie, dont le chef est l’impitoyable Franz Oberhauser que les scénaristes ont fait surgir du passé de Bond. Christoph Waltz compose un personnage froid, inquiétant et sadique mais moins déjanté que Silva, le personnage campé par Javier Bardem dans Skyfall. Ce nouveau SPECTRE ne fait plus de chantage à la menace nucléaire mais telle une multinationale du crime fait des profits sur la santé des gens en mettant notamment sur le marché des contrefaçons de médicaments.

Les scénaristes Purvis & Wade, d’après une première histoire de John Logan, ont fait astucieusement le lien entre tous les Bond de Craig. En effet, on nous montre, dès le générique « tentaculaire » toujours signé Daniel Kleinman, que les méchants de Casino Royale à Skyfall étaient tous des membres de la fameuse organisation. La boucle est ainsi bouclée car la famille Broccoli n’a récupéré les droits du SPECTRE que depuis deux ans.

Quant au restant du casting, la belle Monica Bellucci ne fait hélas que passer, mais son rôle de veuve d’un membre du SPECTRE qui craint pour sa vie est assez intéressant et Léa Seydoux est très crédible dans les scènes dramatiques et apporte une fraîcheur au film. Andrew Scott (le Moriarty de l’excellente série Sherlock), chef du renseignement, est l’archétype du haut fonctionnaire arriviste et véreux, et Dave Bautista, Hinx, l’homme de main d’Oberhauser, est tout en muscle et donne du fil à retordre à l’agent 007 (la bagarre dans le train est ultra-violente et très efficace).

La chanson du générique interprétée par Sam Smith est belle et mélancolique (mais on préfère celle d’Adele) et la bande-originale de Thomas Newman est plus réussie que celle qu’il avait composée pour Skyfall et contient des variations du « James Bond Theme » plus nombreuses pour notre plus grand plaisir.

Cocktail savamment dosé d’humour, d’action, de superbes décors et de paysages exotiques, de belles filles et de méchants hauts en couleur, 007 SPECTRE est (pour nous) le meilleur Bond de l’ère Craig et peut-être un des meilleurs films de la série, même s’il n’a pas l’intensité dramatique d’un Casino Royale ou d’un Skyfall, il compense en nous offrant un divertissement de grande qualité. Le vrai James Bond est enfin de retour !