frelon-vert-acteur

Produite par la même équipe que le Batman pop des années 60, la série consacrée à Green Hornet (traduit alors par Le Frelon Vert) n’a pas connu le même succès. Mais a permis à Bruce Lee de s’imposer auprès du public occidental.

frelon-vert-duo

Le jour, le séduisant Britt Reid est directeur du journal Daily Sentinel. La nuit, il devient le Frelon Vert, un impitoyable justicier masqué qui combat le crime en compagnie de son fidèle Kato.

En 1966, les producteurs du Batman giga-kitsch avec Adam West (qui incarne presque à lui seul la culture pop du moment) décident dans la foulée de remettre au goût du jour ce Frelon Vert tombé en désuétude. On ne change pas une formule qui marche : les réalisateurs sont les mêmes, les musiques sont orchestrées de façon semblable, la Black Beauty du duo surgit de passages secrets aussi farfelus que ceux de la Batcave… et les acteurs principaux sont deux illustres inconnus, chargés de s’effacer derrière les masques de leurs personnages. Dans le rôle de Britt Reid, le dénommé Van Williams livre bien une performance transparente de beau gosse standard, mais le comédien choisi pour incarner Kato brille très vite par ses aptitudes martiales exceptionnelles. Son nom ? Bruce Lee. Né à San Francisco sous le nom de Lee Jun Fan, il apparaît à l’écran dès l’âge de 11 ans, puis mène une carrière de jeune star à Hong Kong au

cours des années 50. Le Frelon Vert constitue l’occasion pour lui d’atteindre un public occidental. Son rôle est pourtant sévèrement limité : conduire la voiture, taper les méchants ; ses dialogues ne dépassent généralement pas les deux phrases par épisode. Mais grâce à la relative lourdeur des scénarios, dans lesquels il ne se passe finalement pas grand-chose (l’aspect humoristique de la série jumelle Batman est ici quasiment absent), et au peu de compétence de Van Williams dans les scènes d’action, les démonstrations de kung-fu déployées par Bruce Lee éclatent comme autant de joyeux pétards aux yeux des spectateurs. Petit à petit, l’attention se porte uniquement sur Kato : la série est vendue sur son nom en Asie, Lee se voit offrir des rôles de guest dans L’homme de fer ou le film La valse des truands, et le public réserve un triomphe à ses films de kung-fu (que l’on appelle alors « films de karaté », par ignorance) au tout début des années 70. La série consacrée au Frelon Vert n’aura pas survécu longtemps à la popularité de son personnage le plus secondaire : au bout d’une saison, les producteurs jettent l’éponge, non sans avoir pris le temps d’orchestrer un crossover avec les voisins Batman et Robin (dans le double épisode A Piece of the Action / Batman’s Satisfaction).

frelon-vert-justicier

Britt Reid est le patron du journal The Sentinel. Mais la nuit, il devient un justicier masqué du nom de Green Hornet (Le Frelon Vert) à bord de la Black Beauty (bizarrement traduit par la « Belle Berthe » en français) conduite par son chauffeur et assistant Kato.

A la différence de pas mal de (super-)héros, Le Frelon Vert cherche volontairement à se faire passer pour un criminel et non un justicier. Il peut ainsi plus facilement infiltrer le Milieu et faire tomber les vrais « méchants ».

Le Frelon Vert et Kato

Le Frelon Vert et Kato

En fait, Britt Reid n’est autre que le fils de Dan Reid Jr… Dan Reid Jr ? Oui, le neveu du Lone Ranger en personne !

Né en 1936 sur les ondes de la WXYZ (comme The Lone Ranger), le personnage débute donc dans un feuilleton radiophonique. Comme la série dont il est dérivé, le Frelon Vert aura une longue carrière à la radio (jusqu’en 1952), puis au cinéma (dans 2 serials, des feuilletons pour le grand écran), dans une série télé (1966-1967) qui verra les débuts américains de Bruce Lee – dans le rôle de Kato évidemment ! Les bandes dessinées s’en empareront également, avant qu’un long métrage, plutôt parodique (et pas trop bien reçu par la critique) ne sorte en 2011.
Les Français et les Chinois de Hong-Kong avaient aussi récupéré de près ou de loin le personnage (court-métrage pour les premiers, une vague similitude pour les seconds).

arton30703

Si le Frelon et le Ranger étaient liés par un lien familial au départ, les 2 séries passèrent dans des mains différentes au cours des années et cette relation disparut graduellement. En tout cas, elle devint de plus en plus floue.

Notez que le Frelon et Kato apparaissaient dans un double épisode de la série télé Batman, dans les années 1960, mais en tant qu’antihéros (ce qui n’était pas si différent de ce qu’ils faisaient dans leurs propres aventures).


La voiture du super héros est en réalité une Chrysler Imperial, customisée par Dean Jeffries, déjà à l’origine de la batmobile de la série Batman. Elle est truffée de gadgets et d’armes. Lorsqu’ils prennent la route, les deux personnages empruntent toujours le même chemin de sortie, dissimulé derrière des affiches publicitaires.
5079965-7581952


retourdudragon06

Kato est interprété par Bruce Lee. Son personnage est également apparu dans trois épisodes de Batman, en 1966. L’acteur est, par la suite, devenu la star internationale des films de karaté au début des années 1970. Il est décédé en 1973. Selon la légende, il aurait été choisi pour son rôle de Kato car il était le seul acteur asiatique à correctement prononcer « Britt Reid ».

Malheureusement, Bruce Lee décède prématurément et pour profiter de sa grande notoriété, les Américains compilent des épisodes du FRELON VERT pour les diffuser au cinéma. Deux films seront ainsi assemblés : LE RETOUR DU DRAGON et LA REVANCHE DU DRAGON. Le DVD édité par Metropolitan contient donc LE RETOUR DU DRAGON qui recycle quatre aventures de la série en les raccourcissant (« The Hunter and the Hunted », « Invasion from Outer Space » partie 1 et 2 ainsi que « The Praying Mantis ») et en épiçant le tout de séquences d’action piochées dans une autre sélection d’épisodes. Bien entendu, Bruce Lee est largement placé en avant et l’accent est mis sur l’action parfois au détriment de toute logique visuelle. D’une série télévisée un peu molle, en dehors des séquences d’action, le film opte donc pour un rythme carrément frénétique au montage parfois assez étrange ! Ainsi, lorsque nos héros débarquent dans un bureau, ils engagent un combat dans un décor différent avant de discuter avec la personne qu’ils étaient venus voir pour ensuite se frayer un chemin vers la sortie face à des gardes parachutés par le plus grand des hasards à cet endroit. Ou bien encore lorsque Britt Reid essaye de sauver sa mignonne secrétaire sur un tapis roulant, Kato s’en va dérouiller quelques vilains dans un entrepôt provenant d’un autre épisode. A l’arrivée, cette enfilade de combats nuit quelque peu au sérieux tout relatif de l’entreprise.

retourdudragon05


Le Frelon vert appartient à la grande tradition des super héros. Il a été créé par George W. Trendle. Avant la télévision, le personnage est né dans un feuilleton radiophonique des années 30. Deux films ont ensuite été dérivés du succès, en 1940 (The Green Hornet et The Green Hornet Strikes Again !). En 2011, Michel Gondry a réadapté ses aventures sur grand écran, avec Seth Rogen et Jay Cho .


 Le générique du Frelon vert est connu à travers le monde. Il s’agit de Vol du bourdon, signé Nikolai Rimsky-Korsakov. Le thème est resté le même à la radio et à la télévision, avec une réorchestration. Le solo à la trompette est interprété par Al Hirt. Quentin Tarantino a également utilisé ce morceau pour son film Kill Bill.


Le Frelon vert (The Green Hornet) est une série télévisée américaine en 26 épisodes de 26 minutes, créée par William Dozier, d’après l’émission radiophonique éponyme de George W. Trendle, et diffusée entre le 9 septembre 1966 et le 17 mars 1967 sur le réseau ABC.

En France, la série a été diffusée à partir du 16 janvier 1986 sur Canal+. Rediffusion sur M6, à partir du 16 septembre 1987.

10631-frelon-vert-saison-1-3

par Paul